04.01.2008
Foncer vers le mur en se réjouissant
Rapport après rapport, étude après étude, tous les scientifiques et organismes travaillant sur le climat arrivent à la même conclusion : le réchauffement climatique s’accélère et est dû en grande partie aux activités humaines. La liste des conséquences de ce fait s’alourdit de jour en jour.
Elles sont environnementales : recul de la banquise, fonte des glaciers, montée du niveau des mers et des océans, hausse globales des températures, périodes de sécheresse mais également inondations, biodiversité menacée…
Elles sont également économiques. Le rapport Stern d’octobre 2006 notait qu’un investissement relativement modeste, aujourd'hui et dans les années à venir, permettrait d'éviter ensuite des conséquences catastrophiques et des coûts bien plus élevés. Le rapport chiffrait ces coûts à 5 500 milliards d’euros sur 10 ans.
Conséquences humaines et sociales avec, entre autre, l’impact sur la santé et le déplacement massif de réfugiés climatiques (évalués dans le rapport Stern à 200 millions en 2050).
La part des transports dans la production de gaz à effet de serre ne cesse d’augmenter. Elle représente en France 26 % de la production totale, et est due à 90 % au transport routier.
Alors que nous devrions tout mettre en œuvre pour diminuer nos rejets dans ce secteur, tout semble fait pour, qu’au contraire, ils augmentent.
La réorganisation du transport du fret avec le plan « haut débit ferroviaire » proposé par la SNCF, va mettre sur les routes des milliers de camions supplémentaires aggravant la situation climatique mais également la sécurité routière.
Je reviendrai dans un prochain billet sur les conséquences locales de ce plan, si par malheur il était appliqué.
Certains doivent déjà se réjouir de ce prochain afflux de camions. C’est le cas de Eiffage, gestionnaire du viaduc de Millau qui se félicite dans un communiqué de la hausse de la circulation de poids lourds sur l’A 75, permettant ainsi une hausse des recettes de 12,2 %.
Eiffage n’est pas seul à se réjouir de cet afflux de circulation. Le président du Conseil général de l’Aveyron ne manque pas non plus une occasion de glorifier le viaduc de Millau et la circulation croissante sur cet axe. Tout comme il pousse de toutes ses forces le doublement routier de la RN 88, appelée honteusement « itinéraire de développement durable », au lieu de demander à ses amis du gouvernement, à RFF et à la SNCF, le doublement de la voie ferrée Toulouse-Séverac.
Pauvres générations futures et pauvre planète, sacrifiées sur l’autel du libéralisme, du profit immédiat d’une minorité, par des hommes politiques complices des groupes financiers et industriels.
Extrait du blog de Jean-Louis Calmettes
07:00 Publié dans Les propositions : Déplacements - Transports | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, gaz à effet de serre, fret, RN 88, viaduc de Millau
Quand réaliser une route en deux fois deux voies procède du « développement durable »
C’est le tour de passe-passe que vient de réaliser Marc Censi, Président du Syndicat mixte d’études et de promotion de l’axe Toulouse-Lyon (SMEPATL) en signant une charte avec les ministères de l’équipement, de l’écologie et de l’aménagement du territoire concernant le doublement de la RN 88.
En classant cette future deux fois deux voies, « itinéraire expérimental du développement durable » pour les territoires concernés entre Rodez et Le-Puy-en-Velay, on atteint le sommet de la supercherie.
Comment une infrastructure qui va contribuer à l’augmentation de la circulation de poids lourds et de véhicules particuliers, à une augmentation de la production de gaz à effet de serre, à une artificialisation supplémentaire des sols et à la destruction d’habitats protégés, peut-elle contribuer au « développement durable » d’un territoire ?
Trois associations environnementales, qui avaient participé au comité de pilotage pour l’élaboration de cette charte avant de le quitter, dénoncent cette imposture.
Pour l’Association Lozérienne d’Étude et de Protection de l’Environnement (ALEPE), la Fédération de la Région Auvergne pour la Nature l’Environnement (FRANE) et l’Union Midi-Pyrénées Nature Environnement (Uminate) qui rassemblent tous ceux qui, de Toulouse à Lyon œuvrent depuis des années pour étudier et faire connaître les richesses de notre environnement et prendre en compte les exigences de sa conservation dans les activités humaines et les projets d’infrastructures tant publics que privés, cette charte est une manipulation de l’opinion publique.
« Pour nous, le développement durable ne saurait être la continuation des errements du passé. Il ne suffit pas de vouloir habiller de vert un projet dont le bénéfice économique est aléatoire et l’impact sur l’environnement totalement négatif :
- Incitation à l’accroissement du transport international de marchandises par la route.
- Contribution à l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre.
- Destruction d’habitats naturels.
- Compartimentation d’espaces naturels rares
Le but des politiques publiques n’est pas de suivre des tendances prétendues inéluctables mais de chercher à les infléchir dans le sens de l’intérêt général et du long terme. Vouloir anticiper la demande de transport et donc inciter à son développement dans une région qui jusqu’à présent était préservée de la plupart des nuisances routières ne peut donc être un objectif du « développement durable ».
C’est pourquoi, nous dénonçons cette charte et ne voulons pas continuer plus longtemps à cautionner par notre présence une opération de manipulation de l’opinion publique qui va à l’encontre des buts de nos associations ».
Extrait du blog de Jean-Louis Calmettes
06:55 Publié dans Les propositions : Déplacements - Transports | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : RN 88, développement durable, gaz à effet de serre, pollution, Uminate




